Lycée de Nevers

HISTOIRE du LYCÉE de NEVERS


RECHERCHES, ÉTUDES, DOCUMENTS



Par feu Jean BUGAREL
ancien professeur de lettres au Lycée Jules Renard


L’histoire du Lycée de Nevers, actuel Lycée Jules-Renard, et des établissements qui l’ont précédé sous diverses appellations, Écoles de Nevers, Collège, Institut national, École Centrale, École Secondaire, Collège, Lycée Impérial, Lycée d’État, permet de survoler toute l’histoire de l’enseignement en France depuis ses origines. C’est pourquoi ses divers avatars doivent être éclairés par l’évocation des mentalités et des institutions à travers les siècles.


De l'an 600 à 1600 :  L’origine des Écoles et des Collèges. 


L’institution scolaire en France est d’abord un héritage gallo-romain. Ces origines latines expliquent beaucoup de ses caractéristiques. Les écoles civiles disparurent entre le Ve et VIe siècle, l’Église développa ses écoles et élabora sa propre doctrine pédagogique.

La renaissance carolingienne rétablit des écoles civiles sur ce modèle, mais sans résoudre le problème fondamental : enseigner quoi et comment ? Il y eut cependant quelques grands pédagogues comme Raban Maur, Gerber et le philosophe Abélard. Le fonctionnement de ces écoles était difficile. 

On note un renouveau au XIIIe siècle avec l’apparition des premières Universités. Les premiers Collèges du XIIIe au XVIe siècle se développent, on peut donner comme exemple nivernais : le collège de Hubant. 

Un collège comme celui de Nevers, créé en 1527, était très différent de notre conception actuelle, tant par la population, que par l’ambiance de vie, la discipline, l’emploi du temps, la pédagogie ou les examens. Ils furent critiqués par Rabelais et Montaigne.

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De l'an 840 à 1577 : Les Écoles et le 1er collège de Nevers.


Les Constitutions de Charlemagne provoquent la création des écoles. Dès 840, on trouve trace d'écoles épiscopales, auprès de la cathédrale ou plus tard autour de l'Abbaye Saint-Étienne, Dès le XIe siècle, il existait des écoles de la Ville. De même le Bourg Saint-Étienne avait les siennes. Il eut même une Université, puisque celle d'Orléans vint s'y établir pour un peu moins de deux ans en 1316. Une concurrence s’établit entre Nevers et le Bourg Saint-Étienne avec de multiples épisodes au cours desquels l’Abbé de Saint-Étienne établit le premier collège en 1519 où enseigna Arnolet de Saint-Saulge. Il fusionna en 1527 avec les Écoles de la Ville. L’histoire du Collège et Lycée de Nevers commence donc à cette date. Une chapelle fut inaugurée solennellement en 1530. 

Maturin Cordier, précepteur de Calvin, et le plus remarquable pédagogue de son temps, fut principal du collège de Nevers de 1530 à 1533. Son passage à Nevers, suscite différents problèmes. Sa personnalité et ses œuvres ont influencé la Renaissance pédagogique. 

Après son départ, le collège périclita malgré l’ordonnance des Grands Jours de Moulins. Un délicieux poète, Jehan Marion, y fut régent vers 1560.


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1500 – 1790 :  L’évolution des idées pédagogiques. 


Dans ce domaine aussi, la Renaissance connut une crise grave. Un nouveau projet pédagogique se mit en place, d’abord avec les Frères de la Vie commune, puis avec la Réforme protestante : Luther à Strasbourg, avec Jean Sturm et Martin Bucer, et surtout Calvin à Genève, avec Maturin Cordier. Les Jésuites s’en inspirèrent pour leurs collèges. 

Des théoriciens de la pédagogie apportèrent une vision nouvelle, comme Ratichius, Comenius, Francis Bacon, John Locke, ou en France, Fénelon et Fleury. Le Traité des Études de Rollin servit de bible pour les collèges jusqu’au XIXe siècle. 

Cependant, au XVIIe siècle, l’évolution de la pédagogie se heurtait à de nombreuses oppositions liées à des raisons traditionnelles malgré les facteurs de changement sociologiques. Au XVIIIe siècle, des œuvres comme l’Émile de J-J. Rousseau, ou des philosophes comme Kant influèrent sur les changements dans la société, mais le système des collèges à l’exemple de celui de Tréguier ne changea guère.


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1577 – 1762 : Le Collège des Jésuites à Nevers.


Pendant presque toute cette période, le Collège de Nevers fut dirigé par les Jésuites appelés par le Duc de Nevers en 1572, mais qui ne s’y établirent qu’en 1577. Exilés en 1595, ils revinrent en 1606. Ils firent construire l’église Saint-Pierre (1608-1689), et malgré de nombreux procès, leur collège prospéra. Le passage à Nevers de Marin Mersenne pose le problème de l’enseignement des mathématiques et de la physique chez les Jésuites. À Nevers, ils entrèrent en lutte contre les Jansénistes, notamment à propos du Séminaire, soutinrent différents procès. Le Jésuite Gresset donna à la ville un emblème mythique Ver-Vert. Ils furent expulsés de France en 1762.


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1599 – 1790 : Les Exercices publics au Collège de Nevers.


L’année scolaire, depuis 1577, jusqu’à 1793 était ponctuée par les examens publics des élèves, qui, deux fois par an, présentaient des exercices de déclamation, jouaient des pièces de théâtre, soutenaient des épreuves orales de rhétorique [1599 – 1790 texte 1  
Télécharger ] ; et, pour les plus âgés, des thèses de philosophie [1599 – 1790 texte 2   Télécharger ; ou de théologie [1599 – 1790 texte 3   Télécharger ] . Ces manifestations étaient annoncées dans toute la région grâce à de magnifiques affiches. Nous en possédons une quarantaine qui couvrent toute cette période. Leur étude permet de se faire une idée sur la mentalité et le contenu de l’enseignement pendant deux siècles.


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1762 – 1804 : Collège Municipal – Institut National – École Centrale.


Nouvelle expulsion des Jésuites de France en 1762. Le collège redevint municipal, mais périclita et le nombre de ses élèves diminua. La Révolution fut accueillie avec enthousiasme par les maîtres et les élèves jusqu'au vote de la Constitution Civile du Clergé en 1790.

En 1793, le Directoire Départemental transforma le collège en Institut National Public, véritable précurseur des Écoles Centrales.

La Convention créa ces Écoles Centrales en 1795. Celle de Nevers ouvrit à cette date avec parmi ses professeurs, un savant célèbre, Troufflaut. Nevers eut aussi une Bibliothèque et un Jardin Botanique. Un de ses élèves devint célèbre, le vice amiral Jacquinot.


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De 1804 à 1809 : L'école secondaire municipale de Nevers

Napoléon Bonaparte qui se méfiait de l'esprit de liberté qui régnait dans les Écoles Centrales, les remplaça par son Université Impériale et créa les Lycées. 
Nevers n'eut pas droit à un lycée mais seulement à une École Secondaire Municipale en 1804, que les Nivernais continuèrent d’appeler Collège. Ses débuts furent très difficiles, à cause des dissensions entre la Municipalité et le pouvoir d’état. Les édiles nivernais auraient préféré un enseignement confessionnel. Cette hostilité continuera d’ailleurs jusqu’à la création du lycée en 1862. 

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1809 - 1812 : Le Collège de Nevers.

La réorganisation de toute l’Université en 1809-1810 conduisit, à Nevers, à la création d’un Collège. Son fonctionnement resta aussi difficile, notamment à cause de la concurrence illégale des écoles privées et surtout du Petit Séminaire, contrevenant au monopole de l’Université, mais soutenus par la municipalité. 


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1812 - 1816 : Le Principalat de l'Abbé Henriot


Pour surmonter cette crise, le Recteur imagina de réunir les élèves du Collège et ceux du Petit Séminaire, au Collège sous la direction de l’abbé Henriot, l’ancien directeur du Petit Séminaire. Celui-ci réussit à lui donner une certaine prospérité. Ceci ne favorisa point la survie du Collège, faute de moyens financiers. 


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1816 - 1817 :  Le Principalat de l'Abbé Terrasse


L’abbé Terrasse, son successeur, réussit, en quatre mois, à ruiner complètement le Collège et à le vider presque entièrement de ses élèves.


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1817 - 1821 : le principalat de l'abbé Tabary


       Le nouveau principal, un oratorien, fit en sorte de remplacer tous les régents, prêtres ou laïcs, par des oratoriens. Il redonna un peu d’importance au collège. La chapelle fut rénovée en 1818. La chaire de philosophie fut même rétablie en 1821. Mais la faiblesse des moyens financiers donnés par la Municipalité rendait son existence précaire. L’École Mutuelle, fondée en 1817 dans le collège, fut, elle aussi, en 1821, amputée de la moitié de ses subventions au profit de l’École chrétienne. 


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1821 - 1832 : La décadence du collège, la révolution de 1830 et ses conséquences


Les successeurs de Tabary, les abbés Fouquoire (1821-1823), Robinot (1823-1826) et Rouchauce (1826-1830) ne purent enrayer la décadence du collège, faute de moyens et aussi à cause de conflits avec l’évêché, surtout à partir de 1823, comme l’explique l’abbé Crosnier qui fut régent de 6e au collège. Le nouvel évêque, (l’évêché de Nevers fut rétabli en 1823), voulait absolument avoir la haute main aussi bien sur le collège que sur le petit séminaire. L’église Saint-Pierre, ancienne chapelle des Jésuites était devenu église paroissiale, la Ville de Nevers décida donc, en 1829, de construire une nouvelle chapelle dans le collège, elle ne sera inaugurée qu’en 1839. 
La Révolution de 1830 amena le remplacement, par des universitaires, de tous les régents ecclésiastiques, malgré les efforts de la municipalité pour les conserver dans leurs postes. Le nouveau principal M. Thomas Lefebvre se heurta, lui aussi, à l’attitude hostile de la Ville La réforme du baccalauréat en 1830, donna une nouvelle orientation à l’enseignement. 


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1832 - 1847 : les débuts du "règne" de M. Thomassin

        M. Thomassin qui dirigea le collège de 1832 à 1857, en fit la prospérité, non sans mal, toujours à cause de l’hostilité plus ou moins déclarée de la municipalité, pour diverses raisons. 
En 1832, un nouvel enseignement apparut au collège, son appellation a varié au fil des ans, classe de français, classe primaire supérieure, et en 1842 École Primaire Supérieure. Par la suite cet enseignement deviendra Enseignement Primaire Spécial,(1858), École Professionnelle (1863), Enseignement Secondaire Spécial (1865) et enfin Enseignement Secondaire Moderne (1891). Cette innovation suscita des polémiques parmi les professeurs (MM. Fabre et Bruandet). 
Sur le plan idéologique, dès 1830, se développa une réaction philosophique et religieuse qui apparaît très nettement dans les discours de distribution des prix ( Fabre, 1837 et 1840, Cougny, 1845, Eysenbach, 1847) . Les Prix d’Honneur furent officiellement rétablis à partir de 1837. 
Une révolte éclata au collège, en 1838, racontée par Jean-Placide Turigny. Parmi les élèves de cette époque, il faut noter le sénateur Alfred Massé, le général Thibaudin et un grand savant, le botaniste Édouard Bornet. 
En 1839, la nouvelle chapelle fut inaugurée et un aumônier fut nommé, l’abbé Lebrun, qui devait devenir principal du collège puis fut le premier proviseur du lycée. Cette chapelle restera en usage jusqu’en 1944. Une chaire d’histoire fut créée en 1846.


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1848 - 1851 : la mise en place d'une réaction universitaire

La révolution de 1848 et surtout les révoltes sociales de juin 1848 et leur répression par l’armée, eurent un retentissement important. L’adhésion enthousiaste des élèves du Collège à la République, s’accompagna dans l’opinion publique d’une crainte de la révolution sociale qui poussa, sous la pression de l’Église et de l’État, à une réaction idéologique dans l’Université, qui tendit à interdire toute la pensée et la littérature moderne, à partir du XVIIe siècle, comme en témoignent les discours de distribution des prix (Delaroche, 1848 et 1851, Cougny, 1849). 
En 1850, l’Université perdit son monopole et la concurrence faite par les établissements confessionnels devint importante. (discours de Gruet et de Manuel député et ancien élève). 
Le choléra de 1849 fit, au collège, des victimes parmi les élèves et les professeurs (Eysenbach, Fourquemin). Parmi les élèves de cette époque, il faut citer le député Cyprien Girerd et le général Potelleret.


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1851 - 1852. Hippolyte Taine à Nevers. 


Hippolyte Taine, victime de la réaction cléricale dans l’Université, fut nommé professeur remplaçant de philosophie à Nevers pour le premier semestre 1851-1852. Sa vie, sa carrière et ses écrits de cette époque en font un témoin remarquable des événements politiques nationaux (Coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte et répression de toute l’opposition politique et idéologique, l’enseignement de la philosophie fut d’ailleurs supprimé en 1852), ainsi que de la vie à Nevers et au collège et des événements locaux (révolte de Clamecy et sa répression). 


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1852 - 1857. La fin du principalat de M. Thomassin. Achille Millien.

 
Les discours de distribution des prix de cette époque témoignent d’une part, de la montée de la répression idéologique, et de la mise en tutelle de l’Université par l’Église, au fur et à mesure de la mise en place de l’Empire. (Cougny, 1852, Manuel, 1852, Morellet, 1853, Pointu, 1854, Lebrun, 1855 et, bien entendu, l’évêque, le préfet et les recteurs ou inspecteurs d’académie). D’autre part, ils font écho aux événements politiques (guerre de Crimée, colonisation, Exposition Universelle de 1855). 
Achille Millien fit ses études de 1849 à 1856. Ses souvenirs donnent des images précises de la vie au collège et il publia même en 1856, alors qu’il était en rhétorique, sa première œuvre littéraire, un pseudo témoignage de guerre : Souvenirs de Sébastopol.


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1857 - 1862. Les débuts du « règne » de l’abbé Lebrun. La transformation du collège en lycée. 


L’abbé Lebrun devint principal en 1857, à la mort de M. Thomassin. 
Depuis 1852, le pensionnat du collège était en régie directe de la Ville. Les effectifs avaient augmenté, le niveau des études était bon et les locaux devenaient trop petits. Le personnel comprenait quatre administrateurs et quinze professeurs et il y avait environ 300 élèves. Chaque année une dizaine d’élèves étaient reçus au baccalauréat. Les nouvelles municipalités se montraient plus favorables et surtout plus généreuses. L’abbé Lebrun, d’abord comme aumônier puis comme principal, fit beaucoup pour attirer la sympathie publique en faveur du lycée. 
Depuis la création du Collège, les Municipalités successives de Nevers, cherchaient à s’en débarrasser en le faisant prendre en charge par l’État, mais les différentes tentatives pour le transformer en Collège Royal puis en Lycée Impérial, échouèrent, car la Ville refusait de faire les frais nécessaires pour mettre les locaux aux normes ministérielles. Enfin en 1859, grâce aux efforts du Préfet de la Nièvre et du Ministre de l'Instruction Publique la dernière tentative aboutit. La Ville consentit à faire un investissement considérable pour agrandir et moderniser les locaux, et le collège put devenir en 1862, Lycée Impérial.


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1862 - 1870. Le provisorat de l’abbé Lebrun. La révolte de 1870.

 
Le lycée avait un personnel complet avec, au début, 20 à 22 professeurs et un internat d’une capacité maximale de 300 pensionnaires. Mais des travaux restaient à faire ou à reprendre et les bâtiments devinrent très vite insuffisants. 
Un élève de cette époque Henri-François Marion devint un grand pédagogue et fut le premier professeur de Science de l’Éducation en France dont il créa la chaire en Sorbonne. 
La révolte du lycée de Nevers fit partie des grandes révoltes de lycéens de mars1870 qui touchèrent au moins 21 établissements et témoignent de l’état déplorable, à tous les points de vue, de l’enseignement secondaire.


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1870 - 1894. Les successeurs de l’abbé Lebrun. Le provisorat de M. Guerreau.

 
En liaison avec les événements politiques, quatre proviseurs se succédèrent rapidement au lycée de 1870 à 1877. 
Dès la chute de l’Empire et sous la présidence d’honneur de l’abbé Lebrun, fut créée l’Association Amicale des Anciens Élèves du Collège et Lycée de Nevers, la plus ancienne de France et qui joua un rôle important dans la vie du lycée jusqu’à nos jours. En 1873, fut remise pour la première fois sa médaille d’or, le prix d’honneur le plus convoité par les élèves. 
En 1877, Augustin Guerreau, ancien élève du Collège devint proviseur et dirigea le lycée jusqu’en 1894. Il en assura la prospérité. Deux écrivains devenus célèbres firent leurs études au Lycée, Jules Renard et Franc-Nohain. (Voir chapitres séparés). 
La grande crise universitaire de 1882-1883 vit naître un mouvement structuré des lycéens auquel le lycée de Nevers participa. Les réformes de l’enseignement qui suivirent suscitèrent des polémiques parmi les professeurs notamment sur la réforme du baccalauréat. De même à partir de 1888, l’enseignement moderne fut remis en question par les tenants des humanités classiques. 
Les effectifs du lycée qui avaient atteint 467 élèves en 1882 descendirent régulièrement jusqu’en 1901 (278 élèves). Décadence liée au contexte politique et à la rapide dégradation des locaux. 
Grâce aux archives de l’Amicale, on connaît davantage d’élèves de cette époque. Outre Jules Renard et Franc-Nohain, il y eut des généraux comme Gautheron et Lequime, le peintre Henri Chartier, des savants comme Louis Bouveault et Maurice Javillier, le docteur Jules Renault, des politiques comme Alfred Massé ou Hubert Bourgin, le résistant Jules Subert ou un professeur du lycée et érudit, Marius Gérin.


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1875 - 1882. Quand Jules Renard était élève au lycée de Nevers.


Le passage de Jules Renard au lycée, permet d’évoquer en détails, la vie du lycée et des lycéens ainsi que la personnalité du proviseur et du concierge, celle de l’aumônier très contesté, de plusieurs professeurs, notamment M. Lacour héros malheureux d’une aventure politico-rocambolesque, M. Jacques, M. Roy, ou Louis Durieu, romancier et précurseur de Jules Renard, peintre des collèges et de leur faune.


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1880 - 1939. Un mauvais roman feuilleton, la reconstruction du lycée.


Alors que Jules Renard était en rhétorique on annonça la reconstruction prochaine du lycée dont l’état était lamentable. Les projets et les plans se succédèrent sans aucune réalisation jusqu’en 1939.


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1881 - 1888. Quand Franc-Nohain (Maurice Legrand) était élève au lycée de Nevers.


Les documents de l’époque nous donnent une idée du contenu idéologique de l’enseignement au lycée. Par contre, le mystère reste entier sur les œuvres lycéennes de Maurice Legrand, qui fonda à Paris, une première revue de potaches : Potache-Revue.


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1894 - 1900. Le provisorat de M. Chassigneux. Georges Duhamel.


Un ouvrage paru en 1896, donne un tableau très critique des collèges et lycées de l’époque, et confirme bien ce qu’en disaient Jules Renard et Louis Durieu. Les souvenirs de Georges Duhamel qui fut élève au lycée de Nevers en 1900, montrent que c’était également vrai pour notre lycée. 
Les discours de distribution des prix témoignent de l’idéologie nationaliste et germanophobe de l’enseignement, en liaison avec l’idée de revanche contre la Prusse et alors que le pays se divisait à propos de l’affaire Dreyfus. Ils témoignent aussi du rejet de toutes les formes de l’art moderne.


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1900 - 1908. Le début du provisorat de M. Méchin.


M. Méchin qui allait diriger le lycée jusqu'à la fin de la grande guerre, fit en 1901, un bilan catastrophique de l’état des bâtiments et du recrutement des élèves, en liaison avec la désaffection pour l’enseignement classique et la concurrence des établissements confessionnels, plus modernes et plus orientés vers l’enseignement technique. Il fait état également d’une campagne nivernaise contre le lycée. 
En 1902, justement, le Ministère imposa une profonde réforme de l’enseignement secondaire et notamment de l’enseignement des langues vivantes. Les discours au lycée en témoignent ainsi que l’étude d’un manuel de cette époque. Mais déjà le discours du Comte d’Aunay, sénateur de la Nièvre annonçait les lois laïques. En 1907, M. Méchin publia une brochure publicitaire pour le lycée, expliquant ses nouvelles structures. 
Le professeur d’histoire, M. Élicio Colin, écrivit en 1903, une Histoire du Nivernais, à l’usage des écoles, développant la nouvelle conception de l’histoire. 
Les discours officiels développent la propagande coloniale. 
Les documents permettent d’avoir beaucoup d’informations sur les professeurs et élèves de cette époque dont beaucoup périrent pendant la grande guerre.


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1909 - 1914. La suite du provisorat de M. Méchin.


La distribution des prix de 1909 fut marquée par le fameux discours de Jules Renard. En 1910, on célébra le cinquantenaire de la création officielle du lycée (mais qui n’ouvrit qu’en 1862). Les discours à cette occasion, font écho à la polémique entre laïques et cléricaux. Un pamphlet de 1909 permet de comprendre l’idéologie du parti clérical et les luttes parfois violentes entre partisans et adversaires de l’enseignement public. De même, un ouvrage de la bibliothèque des professeurs, paru en 1912, développe la position officielle de l’Église. 
Les Associations d’Anciens Élèves participent également au débat sur les finalités idéologiques de l’enseignement. Leurs revues témoignent aussi de la montée de l’inquiétude devant la perspective de la guerre. L’étude du devenir des élèves du lycée en 1913, montre l’importance des pertes subies pendant la grande guerre, environ 20%. 
Beaucoup d’informations sur les élèves et professeurs de cette époque, notamment sur Marcel Déat. Camuzat, et M. Antarieu.


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1914 - 1919. La fin du provisorat de M. Méchin. Le Lycée dans la guerre.


Outre les difficultés liées à la transformation du lycée en hôpital militaire, et à la guerre elle-même, les nombreux témoignages rendent compte de la vie des lycéens, des réactions tout au long du conflit. Les discours de distribution des prix énumèrent les morts, les blessés, les promotions, les décorations des anciens élèves et professeurs et parlent aussi de la guerre elle-même.
  Un livre d’or sera publié pour garder les noms des disparus
Maurice Sténac, ancien élève du Lycée de Nevers, dont le nom figure sur cette liste très longue des professeurs et élèves du Lycée morts pour la France, a laissé assez de traces pour qu’on puisse donner quelques images de sa vie :
Maurice Sténac, mort d'un soldat.

Parmi les anciens de cette époque, figurent entre autres, René Le Droumaguet, Louis Guéneau, Romain Baron, et Louis Rolland (romancier sous le nom de Louis Francis).


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1919-1937. Le Lycée entre les deux guerres.


M. Bertrand succéda à M. Méchin de 1919 à 1925. Le discours de M. Massé pour l’inauguration du monument aux morts du lycée en 1921, témoigne du traumatisme causé par la guerre. Dès 1922 éclate une polémique sur les finalités de l’enseignement secondaire où s’opposent une fois de plus, conservateurs partisans des « humanités classiques » et modernes. 
En 1923 pour la première fois des jeunes filles figurent en classe terminale et en 1935, une femme est nommée professeur d’anglais. 
M. Veigneau est proviseur de 1925 à 1929. On propose que le lycée porte le nom d’Achille Millien mais sans succès. 
M. Schuler dirige le lycée de 1930 à 1937, le « nouveau » baccalauréat est mis en place. Les souvenirs des anciens élèves de cette époque permettent de connaître en détails la vie du lycée et
la personnalité de nombreux élèves et enseignants dont quelques-uns sont devenus légendaires comme MM. Méry ou Nicolas. Pierre Jeanpierre (le colonel Jeanpierre) quitta le lycée en 1930. 
Les discours de distribution des prix témoignent de la montée du danger
et de l’appréhension d’un conflit mondial.


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1937-1945. Le provisorat de M. Grousset.


M. Grousset eut à assurer une des périodes les plus dramatiques du lycée. Dès son arrivée, commencèrent les travaux de rénovation des locaux,
le projet d’une reconstruction complète du lycée ayant été abandonné. Des réformes importantes furent apportées au contenu de l’enseignement (activités périscolaires). L’atmosphère de la vie lycéenne était troublée par les prémices de la guerre que mettait en lumière M. Coppens en Juillet 1939. Puis ce fut la guerre elle-même et en 1944 la destruction
des trois-quarts des bâtiments du lycée, par un bombardement où lui-même faillit périr avec tous les administrateurs. 
Les témoignages deviennent abondants, sur les élèves notamment les filles de terminales, ou Raymond Vilain, ou les festivités traditionnelles (la Saint Charlemagne de 1939), ou les enseignants comme Maurice Savin, ou même les travaux des élèves comme ceux de M.
Édouard Harris de 1937 à 1942.


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1939 – 1944. Le lycée dans la guerre.


La mobilisation d’une partie du personnel, puis l’occupation des locaux par un hôpital militaire puis après l’invasion, par les troupes allemandes (pour quelques semaines
seulement),
et la réinstallation des élèves dans les locaux ne représentent qu’un mince aspect des incidences de l’occupation. 
Le plus important, ce fut la partie cachée de la vie du lycée, sur le plan politique en général puis dans la résistance passive dont témoigne Jean-Claude Sallé, ou active avec de nombreux exemples comme ceux
d’un élève, Jacques Bronchard, ou d’Édouard Harris. Le livre d’or de cette période vint s’ajouter à celui de la Grande Guerre.


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1939 à 1944 . Le lycée pendant la guerre, la vie quotidienne.


Par contraste avec ces faits, abondent des témoignages sur la vie quotidienne du lycée, sur les enseignants, sur les élèves (notamment les internes dont les conditions de vie n’étaient pas faciles), sur certains d’entre eux, devenus plus ou moins célèbres, à divers titres, comme l’universitaire Michel Duchein, ou Alain de Bougrenet de la Tocnaye, sur la discipline, et surtout les indisciplines, sur les activités sportives (le foot avec Denti). On peut même se faire une idée de leurs mentalités en 1942 grâce à leur journal Le Jardin de Candide
On les suit même en dehors du lycée, avec les fouilles de Champalement guidées par
Édouard Harris, ou en ville avec le monôme du bac de 1943 qui aurait pu mal finir. 
Les palmarès de distribution des prix avec les discours de René Le Droumaguet en 1942 ou ceux de M. Grousset de 1945 éclairent cette période.


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1944 – 1951. Le lycée détruit.


Plusieurs récits permettent de rendre compte du bombardement de juillet 1944, puis de la difficile reprise des cours à la rentrée dans des locaux provisoires puis au Musée Blandin à partir de la rentrée 1945 pour l’externat, et dans un internat réaménagé dans le vieux lycée. 
Les élèves publi
èrent un journal, Panurge en 1946. Les numéros retrouvés traduisent leur état d’esprit. Des souvenirs directs, font revivre des enseignants comme Marcel Anfray, Denti, Méry, Henri Bareil, ou des élèves comme Jacques Montagnon, Jean-Claude Sallé, Jean-Pierre Harris, Jacques Jarriot, ou évoquent l’ouverture du lycée à des élèves allemands ou africains.


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1945 – 1958. La construction du lycée Jules-Renard.


Dès 1945 commen
ça un très long processus en vue de la construction d’un lycée neuf. Malgré l’urgence, la Municipalité de Nevers n’arrivait pas à une décision. Les projets et les plans se succédèrent sans aboutir. Finalement en 1955, la construction de Jules-Renard fut décidée. L’externat ouvrit en 1958, l’internat l’année suivante. Mais le lycée restera en chantier quasi permanent jusqu’à nos jours, à cause de la fluctuation des effectifs et de la variation de son recrutement et de ses structures.


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1951 – 1959. Le provisorat de M. Demuth. 


La vie dans le Musée ou l’internat « bricolé » du vieux bahut n’était pas facile et les anciens élèves en évoquent tous les aspects. Les rapports du Conseil d’Administration en soulignent les difficultés matérielles et humaines. Mais l’évolution de la pédagogie suscitait des problèmes qu’évoquait déjà M. Poirion en 1952. M. Boichard relança la polémique idéologique en 1953 à propos de la géographie. 
Les élèves appréciaient surtout le développement du sport avec Borruel et Darennes, les activités para – scolaires, comme le ciné-club, les échanges scolaires, notamment avec l’Allemagne, ce qui suscita au départ quelques difficultés. La confrontation entre un système disciplinaire ancien, associé à des conditions précaires de fonctionnement, et le changement de mentalité des nouvelles générations, provoqua des problèmes et les souvenirs des anciens élèves surabondent de tous les incidents quotidiens. 
Parmi les élèves et professeurs de cette époque, on peut citer Jacques Jarriot, Denis Douellou ou M. Denisau. Exemple significatif de l’attachement des élèves à leur lycée, ceux de la classe de quatrième, de 1953-1954, ont tenu à se réunir cinquante ans plus tard pour évoquer leurs souvenirs.


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1952 – 1953. L’affaire Misrahi. 


Comme Taine en 1851-1852, le professeur de philosophie de l’année 1952-1953, M. Misrahi, eut à faire face à une cabale politique contre son enseignement. Les différents épisodes de cette « ténébreuse affaire » sont très éclairants sur la mentalité nivernaise de cette époque, marquée par la « guerre froide » et la guerre d’Algérie. Le dossier complet de cette affaire et le témoignage personnel de l’intéressé permettent de l’éclairer complètement. 


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1952 – 1960. La discipline et les sanctions.

 
Les documents disciplinaires de cette époque (1952 à 1960) permettent aussi de rendre compte, aussi bien du système général de discipline que de la mentalité des élèves et des conditions de leur vie aussi bien à l’internat qu’à l’externat. Cette période est significative de la transition entre le vieux lycée et Jules-Renard, et témoigne aussi de l’ancien système secondaire avant le bouleversement des années 1960.


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1957 – 1958. La Voix des Ruines. Journal des élèves.

 
Témoin du malaise provoqué par la contradiction entre le système et le contenu de l’enseignement des lycées, d’une part et l’évolution des mentalités générales et de celle des élèves en particulier, d’autre part, leur journal, publié au cours des années 1957 et 1958, La Voix des Ruines, témoigne aussi de la difficulté pour les jeunes de cette époque de prendre part au débat social, politique et idéologique. 


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1958 – 1959. M. Demuth (fin) Le nouveau lycée.

 
En 1958, le nouveau lycée Jules-Renard démarrait avec des structures, administratives et pédagogiques très semblables à celles du vieux lycée. Mais très vite, l’augmentation continue des effectifs déjà perceptible à partir de 1957, et les conséquences des problèmes scolaires locaux, firent éclater ce cadre. Des difficultés matérielles demeuraient, comme l’absence ou l’insuffisance des installations sportives, le transport entre le Banlay et le vieux lycée. Un certain nombre de ces difficultés étaient la conséquence des dissensions entre le Préfet et la Municipalité, au sujet des plans de construction et du choix des architectes.


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1959-1965. Le provisorat de M. Giraudon.

 
Cette période se caractérise par une explosion démographique qui commença par les classes de 6e et 5e. Le manque d’établissements à Nevers, (École normale, Lycée de filles, établissements techniques) et de locaux scolaires ou leur état désastreux, contribua à gonfler les effectifs de Jules-Renard. Les problèmes se multiplièrent jusqu’en 1973. Le personnel se féminisait de plus en plus et par suite d’un manque d’enseignants, était complété par des personnels venant d’horizons divers. 
M. Chiron en 1960, soulignait la crise de l’école, portant à la fois sur la finalité et sur le contenu de l’enseignement. La même année, le lycée dut assurer la réforme du premier cycle avec la création d’unités dispersées dans divers CEG du département. 
À partir de 1960, le lycée inaugura un service de documentation commun pour les professeurs et les élèves. Il jouera un grand rôle dans l’évolution des esprits et des pratiques pédagogiques. C’était un des premiers en France. 
En 1962, le Petit Lycée (classes primaires) fut supprimé ce qui provoqua un mouvement d’opinion à Nevers. 
Un journal des lycéens de Nevers commença à paraître en 1963, devenant surtout celui du lycée : Le Potache Déchaîné. Ses articles permettent de comprendre l’évolution de leur mentalité et la montée de leurs revendications jusqu’en 1967. D’autres journaux parurent comme Ravachol en 1964.


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1965-1970. Le provisorat de M. Depierre.


Ce fut une des époques les plus critiques dans l’histoire du nouveau lycée. En réponse à la montée générale des revendications de toutes sortes, notamment sur le plan pédagogique, les initiatives se multiplièrent. Création du Foyer socio-éducatif et de clubs d’activités très diverses. Participation des élèves aux conseils de classe, d’administration et de discipline. Organisation d’un système de sports optionnels. Initiatives diverses pour rénover l’enseignement des disciplines. 
Dès la rentrée 1965 parut un nouveau journal contestataire : Le Laser puis un autre plus officiel : Les Chroniques de Goupil qui fit campagne pour une démocratisation de la participation des élèves à la vie de l’établissement et qui parut de 1965 à 1967. Les articles du Potache Déchaîné de cette époque montrent que les élèves se passionnaient non seulement pour les problèmes du lycée (horaires d’éducation physique par exemple), mais aussi pour des questions plus générales, le vote à 18 ans, la faim dans le monde, les problèmes de l’emploi, la libération sexuelle et le planning familial, l’engagement politique. 
La réforme du baccalauréat supprima la première partie de l’examen (en 1ère ) et créa sept types de bac. Elle réorganisa aussi les examens du 1er cycle et ceux de l’enseignement technique. 
Les activités culturelles se multipliaient : groupes de théâtre, orchestre (Les Potaches), voyages d’études (bourses Zellidja). 
Les événements de 1968 arrivèrent au milieu de cette effervescence et le lycée tout entier participa aux différentes manifestations. Les réformes qui suivirent s’inscrivirent dans la ligne de rénovation pédagogique menée depuis plusieurs années. 
Mais les problèmes matériels devenaient insurmontables avec plus de 2000 élèves. Les rapports de l’époque la qualifiaient d’explosive. La division du lycée en deux ensembles autonomes (1er cycle et 2ème cycle) n’apportait aucun espace supplémentaire. La création d’un CES n’était même pas officiellement, envisagée, à Nevers, en 1969.


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1970 – 1979. Le provisorat de M. Moreau.

 
Le nouveau proviseur, M. Moreau, eut à faire face à différentes crises structurelles ou pédagogiques, parfois violentes, sans parler des problèmes matériels et d’effectifs. Des polémiques très âpres entre administrateurs, professeurs, élèves et parents d’élèves, éclatèrent sur les questions de discipline, de notation, sur la forme, la composition et le fonctionnement des conseils de classe. 
La sous-directrice du 1er cycle, Félicienne Nicolas eut fort à faire pour organiser cette unité imbriquée dans le lycée. 
La rénovation des anciennes disciplines, les mathématiques ou le français par exemple, mobilisa les enseignants de Jules-Renard qui s’impliquèrent sous la direction de Bernard Stainmesse, dans la création d’une équipe second degré du CDDP, et participèrent à ce titre, à la formation continuée des collègues, notamment ceux du 1er cycle. 
Enfin, à partir d’octobre 1972, le premier CES, celui du Banlay, ouvrit dans des conditions d’ailleurs difficiles, déchargeant le lycée d’une partie de ses élèves. Les autres ouvriront au fil des deux années suivantes. 
Dès 1969, une autre polémique avait éclaté à propos de l’avenir du lycée, quand son 1er cycle aurait disparu. De multiples solutions furent proposées qui toutes déclenchèrent des querelles à cause des intérêts engagés. 
La première solution qui occupa les débats de 1969 à 1973 fut la mixité du second cycle. La répartition des filières, des professeurs et des élèves, entre Jules-Renard et Raoul-Follereau, était la source de toutes sortes de conflits. La mixité fut enfin réalisée pour la rentrée 1973 dans un climat d’hostilité d’une grande partie des élèves. La création, à l’initiative de Tony Borruel, des classes de neige, permit de rétablir un climat de sympathie. 
La seconde solution, imaginée en 1973, par le Ministère, contre l’avis de tous les acteurs locaux, était la fusion avec le lycée technique. En 1976, l’évacuation d’urgence des locaux de l’internat du lycée de la rue Jean-Jaurès, à cause de leur état catastrophique, provoqua la transformation de Jules-Renard en lycée mixte polyvalent. Il fallut construire un bloc technique, un bâtiment d’internat nouveau et la fusion complète des deux établissements fut réalisée en deux ans pour la rentrée 1977. 
On construisit également de nouveaux locaux et laboratoires pour la section F 7 (micro – biologie), créée en 1977. 
En 1974, la création d’une section de malentendants avait ouvert le lycée à des élèves particulièrement sympathiques et qui lui apportèrent un nouveau souffle de vie. 

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1979-1995. Le provisorat de M. Wenger.

 
Pendant les seize années de son provisorat, M. Wenger eut à gérer un lycée, définitivement constitué au moins dans ses structures, mais dont les problèmes matériels et de personnel étaient sans cesse renouvelés. L’enseignement général était soumis aux fluctuations des réformes ministérielles annuelles comme la réforme des classes de seconde en 1992, et aux variations d’effectifs d’une filière à l’autre. Les sections techniques, de leur côté, évoluaient en fonction du progrès industriel, passant du vieil étau-limeur datant de Jean-Jaurès, aux machines à commande numérique, et du tableau noir et du crayon, à l’ordinateur et à l’informatique industrielle (créée en 1985). 
Ces sections avaient été complétées par des BTS et les liens entre le lycée et les industriels régionaux s’étaient institutionnalisés. Le lycée construisit même des machines automatisées pour des industriels (à partir de1986). 
Pendant plusieurs années à partir de 1984, le lycée avait accueilli pour un semestre par an, les étudiants et les professeurs de l’université américaine de Saint-Cloud (Minnesota). 
En 1986, eut lieu une grève des élèves, contre la loi Devaquet de réorganisation de l’accès aux facultés, grève importante de trois semaines, qui aboutit au retrait de la loi. 
En 1988, l’ouverture d’un troisième lycée aux Montots, vida Jules-Renard d’une bonne partie de ses élèves littéraires. Le lycée développa ses sections techniques : construction d’un bloc consacré à l’électronique, création des classes Math-Sup et Math-Spé technologiques. 
En 1989, à l’occasion du bi-centenaire de la Révolution, une grande exposition fut organisée au lycée rappelant son histoire et sa vie depuis 1527. 
À partir de 1993, les effectifs eurent tendance à baisser peu à peu. 1 460 élèves en 1992, 1 380 en 1993, 1 273 en 1994, etc...


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1995-2000. La fin du siècle.


Deux proviseurs succédèrent à M. Wenger : M. Clay (1995-1997) et M. Pelissard (1997-2002). 
Entre temps, les lois de décentralisation avaient chargé les régions du fonctionnement des lycées. Beaucoup de travaux restaient à faire. En 1996 commença la rénovation de l’internat. Ce projet mis en avant dès les années 1960, n’avait pu aboutir faute de moyens financiers et de place disponible. De même un restaurant scolaire fut inauguré en novembre 1996, sur le terrain de Raoul Follereau, pour la cité scolaire. 
Les effectifs de Jules-Renard continuaient à baisser, en 1996, il n’y avait plus que 1 110 élèves. 


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2000-2008 … Le début d’un siècle nouveau ou la fin de Jules-Renard. 


Les successeurs de M. Pelissard, ne purent enrayer la baisse des effectifs du Lycée. Malgré les améliorations apportées aux bâtiments, la modernisation des locaux techniques, les bons résultats obtenus par les élèves aussi bien aux baccalauréats qu’à divers concours, malgré les 100% d’admission aux écoles d’ingénieurs, affichés par la classe de Math-Spé, les effectifs baissent régulièrement. Alors, on a ressorti des archives, un vieux projet de 1946, une cité scolaire unique, mettant en commun les moyens d’enseignement des divers lycées. Déjà l’actuelle Proviseure de Jules-Renard, Mme Moreau, d’ailleurs ancienne élève du lycée, avait cumulé en 2007-2008 les directions des deux établissements Jules-Renard et Raoul Follereau (deux anciens élèves du lycée). On parle maintenant de les réunir avec l’autre établissement du Banlay, le lycée Jean Rostand. 
Jules-Renard va-t-il disparaître ? Alors qu’il devrait songer à célébrer le cinquantenaire de son ouverture aventureuse au Banlay ? L’histoire des Écoles, Collège et Lycée de Nevers s’achèverait ainsi après cinq siècles d’existence. 

 

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